Egarée dans des pensées qui ne cessent de t'effleurer,
Tu demeures lasse et immobile, le regard enfoui dans un paradis enivrant,
Ton esprit occupe cet immuable statut d'absent, comme porté disparu en ce moment si inquiétant,
Tes yeux se laissent doucement charmer par la beauté de ces rivages étrangers ...
Le monde qui t'entoure, les barreaux de ta prison, succombent à tes hallucinations,
Tu pénètres au coeur de cette perfide apparence qui te transporte vers d'autres environs,
Ton esprit s'affole lorsque sous tes doigts défillent les constellations,
Ton âme enfin libérée de ses chaînes prend son envol vers l'absolution ...
Reviens à toi, ange crédule, avant que la dure réalité n'aspire tes rêves et inspirations,
Séparée d'une telle violence de tes délices étoilés, tu te retrouves bouleversée, blessée,
Tes espérances viennent de se renverser, la confiance que tu avais est réduite à néant,
Tes songes se changent en terribles cauchemards, bienvenue dans l'inéluctable existence ...
Tes désirs ne sont plus que de simples prouesses dont tu ne pourras jamais profiter,
Mais t'ais-je déja dit ? Que ce qu'on appelle Vie est ainsi ? Ma leçon tient sur une ligne,
Ce monde est un ensemble où tout rejoint l'hypocrisie, l'amertume et le mensonge,
Ici tu sais, Amour rime avec Haine, Douceur avec Violence, Joie avec Malheur ...
Fais toi à cette idée car il va falloir supporter ce mélange aussi fatal qu' indigeste,
Tes rares moments d'espoir seront très vite renversés par une mélancolie funeste,
Fulgurant et sans remède, même ton plus grand amour, tu veras, te tromperas,
Vois-tu, la loi est de convenir au mal-être foudroyant pour se fondre dans cette masse ingrate et hostile...